La-Construction-du-chemin-de-fer-du-Bas-Congo

Otraco Unatra

Transport

Navires

Trains

Avions

 

Un chapitre de L'épopée Africaine

La Construction Du Chemin de Fer Du Bas-Congo

Sans ce chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny...

Stanley.

La locomotive accrochée au flanc des monts.

Un groupe de pioniers, Thys et Cornet au centre.

Ce bref historique du Chemin de fer du Bas- Congo, comment ne pas l'ouvrir par cette citation fameuse? Comment omettre aussi cette comparaison classique : « Le Congo Belge est une immense bouteille, le Bas-Congo en est le goulot...». Sur toute la partie de ce goulot entre Matadi et le Stanley-Pool (Léopoldville), le cours du fleuve Congo, accessible aux navires de mer, depuis son embouchure, est coupé par une série de cataractes et de rapides, qui rendent impossible toute communication fluviale entre le bassin intérieur du fleuve et l'Océan.

 

En 1878, construire une voie ferrée, de part en part du goulot, était la condition sine qua non du développement de la jeune Colonie. Mais cette entreprise pouvait sembler une folie. La Belgique, vers 1880, n'était guère « colonialiste ». Mais le Roi et son entourage étaient prêts, s'il le fallait, à se passer du concours de l'opinion publique.

 

On tâta le terrain à l'étranger; un syndicat anglais étudia l'affaire. Peut-être eût-elle abouti par cette voie, si un louable sursaut des Belges éclairés n'avait, à point, imposé une marche arrière. Le syndicat fut dissous,..

 

A Bruxelles, dans l'entourage de Léopold II, un jeune officier plein de talent, collaborait avec passion à l'entreprise africaine du Grand Roi. Il possédait au maximum ces deux qualités maîtresses des grands conducteurs d'hommes : l'imagination, la volonté. Il s'appelait Albert Thys et ne doutait de rien...

Avec une splendide audace, il proposa au Roi de prendre en mains le projet du chemin de fer congolais.

Le Roi hésitait, craignant par dessus tout un échec. Il finit par se rendre, et Thys, qui jouait toute sa carrière, eut carte blanche.

Il fallait des capitaux; Thys entreprit, à travers la Belgique entière, une campagne de conférences; il en rapporta un million et fonda une Société chargée des études : « La Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie », doyenne de nos Sociétés coloniales,

 

Thys s'embarqua presque aussitôt pour l'Afrique entouré d'une brigade d'ingénieurs et des officiers, il dirigea lui-même les études du tracé. Au bout d'un an, de retour à Bruxelles, il déposait un rapport concluant à l'engagement d'une dépense de vingt-cinq millions. Restait à trouver cette somme...

 

Après des mois de démarches et de négociations, le 3I juillet IBB9, se fonde à Bruxelles « la Compagnie du Chemin de Fer du Congo » au capital de 25 millions. A l'intervention du Roi et de son Ministre Beernaert, l'État belge en a souscrit une part importante. Des groupes belges et étrangers, ont apporté le reste. La participation belge représente les trois quarts du capital, premier succès sur le plan national.

 

Mais le plus dur restait à faire. Le Congo avait la réputation, guère usurpée alors, du pays dont on ne revient pas. De fait, il fallait en 1889, un certain optimisme pour affronter les rigueurs de l'Afrique Centrale. Il ne s'agissait pas non plus d'une sinécure, mais on trouve des hommes pour toutes les entreprises.

 

Fin 1889, dix-neuf Européens - de ceux qu'aujourd'hui on appellerait « des durs » se trouvaient à Matadi; les travaux commencèrent officiellement le 15 mars 1890.

il faudrait, ici pouvoir apprécier la somme de « courage-de-tous-les-jours », qu'il leur fallut. Plus tard, les méthodes de travail se perfectionnèrent, les effectifs s'étoffèrent.Il faudrait, ici pouvoir apprécier la somme de « courage-de-tous-les-jours », qu'il leur fallut. Plus tard, les méthodes de travail se perfectionnèrent, les effectifs s'étoffèrent.

Pour nourriture, du riz et des conserves. Le soir, au repos, les rats et les moustiques. Après quelques semaines, on comptait deux morts - et la funèbre liste s'allongea...

 

Les travaux avançaient lentement; le 10 juin 1892, après deux années d'efforts, 9 kilomètres à peine étaient construits. Il fallut trois ans pour que la locomotive franchit le col de Palaballa, à quinze kilomètres du point de départ. Trois ans, pour poser la voie sur une distance égale à celle de Bruxelles à Tervuren ! Une fois là, tout ne devint pas facile, certes, mais le plus dur était fait.

Le tableau d'avancement des travaux le montre éloquemment :

en 1894, 42 kilomètres;

en 1895, 71 kilomètres; en 1897 enfin 117 kilomètres.

Le 16 mars 1898 , date capital dans l'histoire du Congo, la première locomotive sifflait à Léopoldville, aux acclamations délirantes de toute la population européenne et indigène des environs. Elle était conduite par l‘ingénieur Nicolas Cito.

 

Huit années avaient été nécessaires pour mener à bien l'œuvre entreprise...

 

Cent trente-deux Blancs, dix-huit cents Noirs avaient payé de leur vie cette victoire épique…. )

 

 

© C. Nicolas 1948.

 

© Copyright 2015 Website by www.otraco- onatra.be

www.congo-1960.be

Mail